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Covid et traitements en cours

AINS et corticoïdes
  • En cas d’apparition de douleur et/ou fièvre, comme dans tout contexte infectieux, ils sont formellement déconseillés car ils favorisent les surinfections bactériennes. Les professionnels de santé sont invités à privilégier l’utilisation du paracétamol. 
  • Lorsqu’ils ont utilisés en traitement de fond, il ne faut cependant pas les arrêter. La question de l’arrêt se posera si le patient est en état grave, cette question sera donc gérée à l’hôpital. 

Explication de la contre-indication aux AINS

 

Comme dans tout phénomène septique, les AINS sont contre-indiqués car ils vont baisser le potentiel de réponse immune du patient et donc favoriser l’infection. Donc ce n’est pas plus dans ce contexte que dans un contexte septique autre (ex : érysipèle, pyélonéphrite, … otite).

 

Surrisque de complications bactériennes dans les infections ORL traitées par AINS, quel que soit le contexte +++

 

L’aspirine à faible dose n’est pas anti-inflammatoire et peut donc être poursuivie.

 

Explication de la contre-indication aux corticoïdes

 

Chez les patients covid-19 (ou infectés par un autre coronavirus), les corticoïdes sont un facteur de risque d’aggravation et de mortalité (Source : infectiologues du CHRU 26/03/20).

L’URPS Pharmaciens a rappelé aux officines de ne pas vendre l’Ibuprofène au comptoir en systématique en période épidémique de Covid-19 et qu’une téléconsultation serait bienvenue pour évaluer l’état de santé du patient en cas de symptômes (y compris la céphalée). 

Nous vous invitons également à continuer de prescrire le paracétamol en quantité adaptée à la pathologie (ex : 3 boîtes maximum soit 6 jours en cas de fièvre) et en tenant compte du risque de rupture.

Précisions – corticoïdes en population générale

(30 octobre – Source : HCSP et SFMV)

Un patient qui est déjà sous corticothérapie pour une pathologie chronique connue et suivie ne doit pas se voir modifier son traitement de base sans raison. Cette modification (en cas de signes infectieux notamment) se fera après discussion entre médecins (médecin traitant et médecin spécialiste de la pathologie). Nous pouvons citer, à titre d’exemple (liste non exhaustive), la sclérose en plaque ou l’asthme.

Il n’y a pas lieu d’introduire des corticoïdes sur une pneumonie en ville (COVID 19 ou non) du fait de l’absence de bénéfice.

Asthme : traitement de fond et de crise

Voir dans la page Pneumologie

Migraines et céphalées

La Société Française d’Étude des Migraines et Céphalées rappelle que le traitement d’une fièvre mal tolérée ou de douleurs dans le cadre du COVID-19 ou de toute autre virose respiratoire, repose sur le paracétamol, sans dépasser la dose de 60 mg/kg/jour (ou 15 mg/kg/prise) et de 3 g/jour. Les AINS doivent être proscrits dans ces cas.

En cas de crise de migraine, les traitements habituellement recommandés en France sont les AINS et les triptans. Beaucoup de patients prennent également des antalgiques.

Durant toute la durée de l’épidémie de COVID-19, les adaptations à suivre sont les suivantes :

  • Absence de symptôme d’infection virale respiratoire (fièvre, toux, difficultés respiratoire, rhinite, angine) : poursuite du traitement de crise habituel en privilégiant les triptans et en limitant les AINS aux crises sévères rebelles aux triptans pris seuls. Les antalgiques (paracétamol ou antalgiques opiacés) peuvent être utilisés si besoin.
  • Présence de symptômes d’infection virale respiratoire (fièvre, toux, difficultés respiratoire, rhinite, angine) : stopper tous les AINS jusqu’à la guérison. Si une crise de migraine survient, elle devra être traitée par triptans et/ou antalgiques (paracétamol ou antalgiques opiacés).
  • L’aspirine est un anti-inflammatoire à une posologie supérieure ou égale à 500 mg/jour.
Traitements immunosuppresseurs

Il n’y a pas d’indication à modifier les traitements de fond/chroniques aux vue du risque de déséquilibrer la pathologie sous-jacente, il est à poursuivre à l’identique.

En cas d’apparition de signes de gravité, le patient doit être hospitalisé et c’est à ce moment que la question de l’arrêt sera discutée avec le médecin prescripteur. Cependant, il ne faut pas dans ce contexte instaurer de corticothérapie ou d’AINS de novo (source : infectiologues du CHRU – 26/03/2020)

IEC, ARA 2

La Fédération Française de Cardiologie recommande fortement aux praticiens et aux patients à ne pas interrompre ces traitements anti-hypertenseurs (source : FFC 2020).