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Prévention et gestion du stress soignant

👉🏻 Prévenir l’exposition au virus en milieu professionnel autres que ceux des soins et de la santé

(3 avril – Source Agence Nationale Sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’Environnement et du travail – ANSES)

L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) s’est autosaisie pour apporter un appui scientifique afin d’améliorer la prévention de l’exposition au virus SRAS-CoV-2 en milieu professionnel, dans les secteurs autres que ceux des soins et de la santé. Ces activités professionnelles concernent notamment le secteur agro-alimentaire et son approvisionnement, la gestion des déchets et de la propreté, la maintenance d’équipements collectifs relatifs au maintien des ressources alimentant l’ensemble de la population (eau, gaz, électricité…), les commerces, les transports ou encore le maintien de l’ordre public.

Les recommandations de l’Anses s’appuient sur des expertises antérieures de l’Agence en santé au travail, et sur les rapports et sites officiels d’institutions françaises et internationales reconnues dans ce domaine, notamment le guide de l’OSHA (Agence américaine pour la sécurité et la santé au travail) « Guidance on preparing workplaces for COVID-19 » paru en mars 2020.

Les mesures de protection ou de réduction des risques spécifiques que l’employeur peut mettre en place peuvent être de 4 nature :

  1. Des mesures techniques, qui visent à diminuer les risques liés à la situation de travail des employés, comme la limitation de la quantité de gouttelettes dans un espace donné avec la mise en œuvre de mesures de dilution par aération et/ou ventilation, ou encore la mise en place de barrières physiques comme des « pare-éternuements » pour les activités au contact du public.
  2. Des mesures organisationnelles, qui consistent généralement à adapter la politique ou les procédures de travail pour réduire ou minimiser l’exposition à un danger. Quand les mesures organisationnelles ne peuvent pas être mise en œuvre pour toutes les situations de travail, notamment en dehors des locaux de l’employeur (interventions à domicile par exemple), il convient de renforcer les dispositions de protection des autres familles de mesures.
  3. La mise en œuvre de pratiques favorisant la sécurité au poste de travail, afin de réduire la durée, la fréquence ou l’intensité de l’exposition à un danger, en intégrant les « gestes barrières » qui constituent un socle incontournable de la prévention des risques de transmission.
  4. Le recours à des équipements de protection individuelle ou des équipements de travail adaptés : dans le contexte épidémique actuel, il peut s’agir de gants, de lunettes, d’écrans faciaux ou de masques.

Sur le port du masque, Le gouvernement a sollicité l’offre industrielle française afin de disposer demasques alternatifs. De tels dispositifs, conçus dans le contexte d’urgence lié à l’épidémie en cours ne sont pas considérés comme des EPI au sens de la réglementation, mais comme des équipements de travail. Leur port par des travailleurs en activité autres que ceux exerçant en contexte de soin de santé peut toutefois atténuer le risque d’exposition au virus SRAS-CoV-2. Les utiliser correctement impliquera nécessairement, comme pour tout masque, le respect minutieux des « gestes barrières » et une manipulation précautionneuse permettant de ne pas souiller le masque.

L’Anses souligne qu’aucune des dispositions prises en application de ces principes ne constitue une mesure efficace à elle seule. C’est l’observation de l’ensemble des dispositions, en particulier les gestes barrières, qui concoure à atteindre un niveau de protection global satisfaisant.

Par ailleurs des fiches pratiques du ministère du Travail ont été élaborées sur les mesures de prévention à mettre en œuvre dans le cadre de métiers ou d’activités spécifiques. Au 02/04/2020, 6 fiches sont disponibles : Chauffeur-livreur, Travail en caisse, Travail en boulangerie, Travail dans un garage, Activité agricole et Travail dans un commerce de détail mais d’autres sont en cours d’élaboration pour d’autres métiers et certaines fiches pourraient également être actualisées, invitant donc à consultez cette page régulièrement : https://www.anses.fr/fr/content/covid-19-pr%C3%A9venir-l%E2%80%99exposition-au-virus-en-milieu-professionnel.

Le COVID 19 est un virus émergent et inconnu. Les infectiologues et épidémiologistes travaillent sans relâche pour accroître les connaissances sur ce virus, néanmoins ces connaissances restent partielles pour le moment. La prudence s’impose.

En tant que médecin, travaillant au contact de patients potentiellement infectés, il est impératif de s’imposer le principe de précaution pour soi, ses proches et son entourage.

👉🏻 Prenez soin de vous !

(25 mars)

En cette période anxiogène où les soignants sont particulièrement exposés, il est important que vous puissiez faire de cette petite phrase, « prenez soin de vous », répétée toute la journée à vos patients et à vos proches, s’applique également pour vous.

Sur les conseils avisés de l’OMS, voici les messages qu’il est important que vous puissiez lire afin de vous préserver autant que cela puisse être possible :

  • Il est probable que vous et un grand nombre de vos collègues soyez stressés en ce moment

Il est tout à fait normal de ressentir cela dans la situation actuelle. Le stress et les émotions associés ne sont en aucun cas un signe d’incapacité à travailler ou de faiblesse.

Prendre en compte votre santé mentale et votre bien-être psychosocial durant cette période est aussi important que prendre soin de votre santé physique.

  • Prenez soin de vous en ce moment

Essayez d’adopter des stratégies d’adaptation utiles : accordez-vous des moments de repos et de répit pendant le temps de travail ou entre les roulements, mangez des aliments sains en quantité suffisante, pratiquez une activité physique et restez en contact avec vos proches.

Évitez les stratégies d’adaptation inutiles comme la consommation de tabac, d’alcool ou d’autres drogues. À long terme, elles peuvent dégrader votre état de santé mentale et physique.

Le COVID-19 est un scénario inédit et exceptionnel pour de nombreux professionnels de santé, en particulier s’ils n’ont jamais participé à des interventions de ce type. Toutefois, les stratégies qui ont fonctionné dans le passé pour gérer des moments de stress peuvent vous servir aujourd’hui. Vous savez probablement comment vous détendre et vous ne devez pas hésiter à prendre soin de votre bien-être psychologique. Il ne s’agit pas d’un sprint, mais d’un marathon.

  • Certains professionnels de santé peuvent malheureusement faire l’objet d’une mise à l’écart de la part de leur famille ou de leur communauté, à cause de la stigmatisation et de la peur, ce qui peut rendre encore plus difficile une situation déjà éprouvante

Si vous en avez la possibilité, communiquer avec vos proches, notamment par des moyens numériques, vous permettra de garder le contact.

Tournez-vous vers vos collègues, votre responsable ou d’autres personnes de confiance pour obtenir un soutien social ; vos collègues vivent peut-être la même chose que vous.

  • Utilisez des moyens compréhensibles pour transmettre des messages aux personnes présentant un handicap intellectuel, cognitif ou psychosocial

Lorsque cela est possible, utilisez des moyens de communication qui ne reposent pas uniquement sur l’écrit.

Identifiez comment vous pouvez soutenir les personnes affectées par le COVID-19 et les mettre en relation avec les ressources disponibles. Ceci est particulièrement important pour les personnes qui ont besoin d’un soutien psychosocial et de santé mentale. La stigmatisation associée aux problèmes de santé mentale peut créer une réticence à demander de l’aide à la fois pour le COVID-19 et les troubles de santé mentale.

Le Guide d’intervention humanitaire inclut des recommandations cliniques en matière de prise en charge des troubles mentaux prioritaires, à destination des agents de santé généralistes.

👉🏻 Exposition au coronavirus – Médecins femmes enceintes ou médecins fragiles

(15 mars)

Vous êtes nombreux à nous questionner sur la conduite à tenir en fonction d’antécédents médicaux. En tant que médecin, vous êtes nécessairement surexposé à une charge virale plus importante que la population classique. Vous êtes les seuls à pouvoir évaluer le risque pris.

Pour les médecins femmes enceintes, le recul est pour l’instant faible, notamment du fait de la cohorte mais aucun cas grave n’a été répertorié pour les femmes et les bébés n’ont rien. Cependant, le principe de précaution doit prévaloir du fait de la surexposition, nous vous invitons donc à vous mettre en retrait.

Dans ces situations, la téléconsultation continue de pouvoir être réalisée et nous travaillons pour que vous puissiez être mobilisés dans la gestion de l’épidémie sans mettre en danger votre santé (téléconsultation, réalisation d’enquête tracing, régulation etc.). Nous en saurons sans doute plus d’ici demain.